Festival Georges Brassens - Vaison la Romaine

Le portrait du jour

Texte lu le vendredi 15 octobre 2021 sur la scène de l'Espace Culturel de Vaison-la-Romaine en hommage à notre ami Georges Boulard, juste avant l'entrée en scène d'Yves Duteil

Écrit le 3 mai 2016 par Jean-Marc Dermesropian. Il est aujourd'hui plus que jamais d'actualité.

Le portrait du jour : Georges Boulard
Il est rare qu'on se souvienne des épisodes du chemin...
Au lendemain de la vingtième édition du festival Georges Brassens de Vaison-la-Romaine, j'ai eu envie de vous dresser le portrait d'un homme qui a bouleversé la vie de milliers de gens... dont la mienne.
Ce personnage hors du commun se nomme Georges Boulard.
Vers le milieu des années 90, poussé par la passion qu'il vouait à Georges Brassens, cet agriculteur, infatigable travailleur, a pris son bâton de pèlerin et se rendit à la rencontre de tous les proches amis de Georges Brassens qui, par bonheur, étaient encore, pour la plupart, de ce monde.
C'est ainsi qu'il prit contact avec Pierre Onténiente, René Iskin, Victor Laville, Georges Granier, Emile Miramont, Pierre Maguelon, Bernard Lavalette...
Auprès de ces personnages de légende, il eut l'idée d'organiser un festival consacré à son idole. Au fil des années, la manifestation prit de l'ampleur grâce à son courage, son opiniâtreté et sa faculté à convaincre les sponsors de l'aider à réaliser un grand évènement.

Ce n'est qu'en 2002, par le biais d'un film télévisé de Rémi Sautet, cinq années après sa création, que je pris connaissance de l'existence de ce festival.

Dès le lendemain de sa projection, je pris contact avec Georges Boulard. Il m'invita à participer à l'édition 2002 après avoir écouté les trois CD que j'avais alors enregistrés.

Très vite, il me délégua, lui qui a la réputation de ne pas assez déléguer, la programmation d'une bonne partie du festival. Il devait m'en juger apte à le faire avec intelligence et passion.

Petit à petit, la manifestation prit de l'importance, les artistes se bousculaient au portillon pour y être entendus.

La volonté de grandir encore et toujours donna l'idée à Georges Boulard de recevoir les grands noms de la chanson française qui inciteraient les sponsors à nous aider un peu plus chaque année. La première de ces têtes d'affiche se produisit sur la scène de l'Espace Culturel de Vaison-la-Romaine lors de l'édition 2004. Il s'agissait d'Yves Duteil.

Je préfère ne pas évoquer tous les critiques qu'il reçut à cette époque. On lui reprocha de n'en avoir " que pour les vedettes ".

Ce que les cerveaux qui n'ont pas la lumière à tous les étages, ceux qui n'ont pas son esprit vif et visionnaire n'avaient pas compris, c'était que ces " stars " attireraient à Vaison des festivaliers qui n'y auraient jamais mis les pieds. Grâce à ces " noms ", les petits joueurs de flûteaux ont pu jouer chaque soir dans un auditorium plein comme un œuf. Des liens entre artistes et auditeurs se sont créés, une famille s'est formée et il n'existe pas en France un seul département où nous ne connaissons pas une personne " amie de Vaison " qui se mettrait en quatre pour recevoir les chanteurs en tournée près de chez eux comme des rois.

Tout cela, nous ne le devons qu'à un seul homme, Georges Boulard.

Certaines personnes le trouvent un peu rustre, peu souriant.

Je suis le premier à penser qu'il ne profite pas suffisamment de son festival. Je crois qu'il a du mal à profiter du moment présent.

Ce que je sais, en revanche, c'est qu'il consacre sa vie à la mise en place de cette semaine qui n'a pour but que de rendre heureux artistes et amoureux de la chanson. Les membres de l'association qu'il préside et moi-même faisons en sorte que ces journées que vous attendez avec impatience tout au long de l'année soient les plus belles que vous ayez à vivre.

Alors pour quelles raisons je prends le temps de vous écrire ces quelques mots ? C'est pour vous inviter, vous aussi, chers amis dont la vie a été bouleversée grâce à l'existence du festival GB de Vaison-la-Romaine, à prendre aussi quelques minutes de votre temps pour écrire un petit mot via sa page Facebook ou son adresse mail à celui sans qui rien n'aurait été possible.

Cher Georges, tu sais que tu me trouveras toujours à ton côté, à chaque moment où tu auras besoin de mon soutien, indéfectible et définitif.

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