Festival Georges Brassens - Vaison la Romaine

Hommage à Georges Boulard

Un authentique et exceptionnel Vaisonnais a tiré sa révérence.

Georges Boulard était depuis un quart de siècle l’ambassadeur du meilleur de la chanson française à Vaison-la-Romaine. Il était aussi l’ambassadeur de sa ville auprès de tous ces artistes, moustachus ou non, mais aussi en jupons, invités à se produire sur la scène du Festival Brassens qu’il a fondé, et présidé, animé par une passion débordante et contagieuse pour toutes celles et tous ceux qu’il a tenu à associer à son œuvre.

Citer toutes les têtes d’affiche qui ont fait le succès et la renommée internationale du Festival Brassens serait trop fastidieux. Contentons-nous de nous en remémorer un bel échantillon d’auteur.e.s compositeurs.rices pour l’exemple : de Pierre Louki à Pierre Perret. De Georges Moustaki à Anne Sylvestre. De Francesca Solleville à Allain Leprest. D’Isabelle Aubret à Yves Duteil. De Marie-Paule Belle à Marcel Amont. Sans oublier Maxime Le Forestier, Henri Tachan, Alain Chamfort, Daniel Guichard et, pour les plus récents, Pascal Danel et Francis Lalanne.

Là où son esprit se trouve aujourd’hui, Georges a sans doute la joie de retrouver celles et ceux qui l’ont précédé, et attendu, autour de leur maître : Georges Brassens qui, lui, s’est envolé il y a quarante ans.

Georges et Geneviève, son épouse, ont reçus généreusement toutes ces vedettes, ou presque, à leur table à l’issue des concerts. Ces convives sont devenus leurs ami.e.s : « Les amis de Georges Boulard ».
Nombreux se retrouvent en pensée avec nous pour rendre hommage à la mémoire de Georges Boulard et souhaiter que son Festival lui survive longtemps.

Merci Georges pour toutes ces joies que tu nous a fait partager.
Et bon voyage !

C’est, il y a tout juste 6 mois, que la camarde a entrepris, un mardi matin sur le marché de Vaison, de poursuivre de son zèle imbécile Georges Boulard, où il tenait son stand de fruits et légumes depuis plus de cinquante ans, avec fidèlement à son côté, jusqu’il y à quelques années, Geneviève, sa charmante épouse.
Georges n’avait jusque là jamais envisagé le concept de retraite, ni même de vacances, dans son art de vivre adulte.

Très jeune père de famille, ils ont avec Geneviève, deux fils et une fille. Leurs fils leur ont donné une petite fille et deux petits-fils, dont l’un a déjà prolongé la dynastie Boulard de deux arrières petites-filles, tandis que l’autre a repris le flambeau de l’étal du marché, pour la plus grande satisfaction de son grand-père...
C’est une très belle famille que Georges et Geneviève ont engendrée.

Georges était d’abord paysan. Un paysan authentique, riche des cours d’agronomie des écoles d’Angers, Hyères et Ecully qu’il a successivement fréquentées dans sa formation.
Il ne s’est toutefois pas contenté de cultiver son potager, ses vergers et ses vignes. Dès 1968, il a inauguré la distribution par circuit court de ses productions, en s’adjoignant la fonction de commerçant forain sur les marchés de Vaison, puis de Valréas, Bollène et Orange, où il a rapidement conquis les chalands par son empathie et la qualité de ses produits.

Son investissement dans le monde agricole l’a conduit à présider le Centre d’information et de Vulgarisation Agricole de Vaison, 25 ans durant, jusqu’en 1995. C’est dans le cadre de cet organisme national coopératif qu’il a, durant toute cette période, initié, organisé et animé pour ses pairs, chaque année à l’issue des vendanges, des voyages de découverte, à but à la fois patrimoniaux et pédagogiques, successivement dans les plus belles régions viticoles de notre pays.

Dans le même esprit de partage et de transmission, il a été à l’origine, dans les années 70, de la création de journées thématiques autour des cultures de l’abricot, de l’asperge et de la truffe, en s’entourant d’ingénieurs agronomes invités à présenter aux agriculteurs de la région leurs savoirs à la salle des fêtes de Vaison.

Conseiller municipal de 65 à 71, puis adjoint au maire de 83 à 89, Georges a aussi œuvré, durant toutes ces années, pour le service public et le bien collectif de ses concitoyens.

Ainsi, Georges aura toujours été, par vocation et par talent, un homme de communication, de partage et de solidarité. Ceci, non seulement dans son domaine professionnel, mais aussi au service des loisirs pour tous.

Seuls, les plus anciens, se rappellent encore que, dans les années 60/70, Georges animait de sa bonne humeur, de sa verve et de son humour, de nombreux lotos programmés et ingénieusement organisés aux bénéfices des associations, tous les hivers, conjointement dans pratiquement tous les bistrots de la ville.

C’est enfin en autodidacte particulièrement doué que Georges laissera un souvenir impérissable à tous les amateurs de la chanson française. Il a imaginé, créé, présidé et organisé le désormais internationalement célèbre Festival Brassens de Vaison-la-Romaine. Lequel a tenu sa 25ème édition en octobre dernier.
Une édition spéciale à laquelle Georges tenait particulièrement : elle fêtait le centenaire de la naissance du poète-chanteur sétois, qui nous a quitté il y a quarante ans.

Si, hélas trop entravé par la maladie, Georges n’a pu physiquement assister a aucun des 18 concerts qu’il avait lui même programmé à cette occasion, du moins se tenait-il quotidiennement au courant de la bonne marche et de la réussite de cet événement, enregistrées grâce à son implication pleine et entière et à ses conseils avisés, délivrés depuis son lit, tant à l’hôpital que chez lui.

Le 30 novembre, la camarde a eu la peau de Georges. Mais elle ne lui prendra jamais son âme. Cette âme rayonnante perpétue en nos cœurs, pour toujours, les plus beaux souvenirs que Georges nous a généreusement légués.

Sans Geneviève à son côté, Georges n’aurait jamais pu faire autant et si bien tout ce qu’il a entrepris. Ce couple, emprunt de modestie, de discrétion et de générosité désintéressée, demeure un modèle que leurs dignes descendants perpétuent aujourd’hui.
En cette journée, que malgré tout nous ne voulons pas triste, nous leur présentons nos sincères condoléances.

Adieu Georges, et profond respect. Nous ne sommes pas près de t’oublier.
Bon voyage dans l’au delà !

boulard marche

Image